Collectif Fukushima Style //

9 août, Cité Des Arts

Fukushima style. Des points de vue uniques sur le monde se posent. Des singularités se connectent les unes aux autres. Vincent Condaminet, Gaël Papy, Warren Samuelsen, Mickaël Gravina et Sandrine Collet. De leur branchement émergent des phénomènes nouveaux, non identifiés. Des forces en attente, des hybridations en germe.

Fukushima style. C’est l’histoire de quatre personnalités. Quatre jeunes artistes de l’océan Indien posés sur l’île de La Réunion, au carrefour d’un monde en pleine ébullition où des identités nouvelles émergent, chaque jour, quand l’uniformisation des mœurs côtoie les métissages culturels les plus improbables...

Gaël Papy, Hasawa, Mickaël Gravina, Vince Condaminet déploient leur prisme,
inspiré par la terre du Sud et sa colorimétrie chaude. Ils catalysent les changements et accompagnent les métamorphoses du présent. Pas de mosaïque de caractères mais une hybridation des genres qui devient radioactive. Le phénomène se met en marche et promet de porter l’art insulaire au-delà de ses limites géographiques. Une explosion douce et silencieuse est à l’œuvre.

Fukushima style. C’est l’alliance de divers goûts pour un même horizon : contaminer le réel par une approche plurielle des choses, pousser les problématiques insulaires tissées au-delà des frontières de l’île.

De la chair au son, en passant par l’image, des considérations socio-économiques (l’exploitation du littoral générant l’affluence des requins) à la magie des peuples, tout se rencontre. Les jeunes artistes nous présentent une création hybride : performance vidéo multimédia-recomposition de monstres, aileron en métal et autres créatures du hasard. Dans un face-à-face pulsatoire avec le public.

"Hybridation" le maitre mot du collectif

Les œuvres sont complexes par leur inspiration et simples par leur forme. Le chaos est encore en sommeil et les créateurs veillent. Ils bricolent leur rapport au monde, le négocient, sans l’arrêter. La matrice croît en même temps qu’ils explorent. Se réapproprier la matière du monde pour composer celui-ci autrement, voilà leur parti pris. Repartir de la matière brute, des exsudats de la société insulaire, des objets oubliés, des sons surgis de nulle part, pour se réapproprier le monde, ne plus subir l’histoire.

Tordre les matières et les ondes, bricoler à partir du donné, une nouvelle configuration des choses, chaotique, ordonnée, peu importe… du moment qu’elle est la leur et qu’elle commence maintenant. Papy, Hasawa, Gravina et Condaminet nous invitent à sonder les phénomènes complexes du monde contemporain.

Prédicateurs qui souhaitent rester inclassables dans leur cellule perceptive ? Sans doute. Entre évocation et invocation proche du rituel mystique, ils creusent des tranchées dans le réel. Ils proposent un pluri-lâchage de tendances entre le hard métal et la magie incantatoire. Hydre à plusieurs têtes dans l’exercice d’une nouvelle genèse, ils le sont aussi. Leur seule contrainte est l’environnement. « On ne choisit pas, on prend tout ». « Carpe omnies ».

Enfin, en accélérateur de particules, ils nous posent la question du temps, de l’espace, des identités, sans jamais clore le débat. Fukushima style, ce n’est qu’un début.

Les artistes membres du collectif : Vincent Condaminet, Gaël Papy, Warren Samuelsen, Mickaël Gravina et Sandrine Collet.

Photo © Collectif Fukushima Style
Texte © Aude-Emmanuelle Hoareau

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